Projet · B2C business
Reduce return cost
Sur les articles à faible marge, un retour coûtait plus cher que la vente n'avait rapporté. Le projet : faire disparaître ce coût sans dégrader l'expérience, et sans jamais retirer au client la possibilité de renvoyer son colis.
- des clients à qui l'alternative est proposée l'acceptent plutôt que de renvoyer
- 14,8 %
- de valeur marchande conservée chaque mois, sur ce seul levier
- ~1 700 €
- pour dessiner les interfaces, une fois les parcours identifiés
- 1 semaine
- Rôle
- Product Designer
- Année
- 2026
- Équipe
- 1 CdP · 1 Dev front · 1 Dev back
- Plateforme
- Web · Mobile-first
En 30 secondes
- Situation
- Sur les articles à faible marge, l'étiquette de retour et la logistique coûtaient plus que ce que la vente avait rapporté.
- Mission
- Faire disparaître ce coût en moins d'un mois, sans dégrader l'expérience ni retirer la possibilité de renvoyer le colis.
- Action
- Deux alternatives au renvoi, présentées une à une, au moment précis où le client mesure ce qu'un retour lui demande.
- Résultat
- Près de 15 % des clients acceptent l'alternative, le levier conserve environ 1 700 € de valeur marchande par mois, et le retour classique reste disponible.
01 · Comprendre
Un retour qui coûtait plus cher que la marge
Le client pouvait déjà demander un retour depuis le portail, et les équipes internes prenaient tout en charge derrière. Le signal est venu des coûts logistiques : le prix des étiquettes de retour montait, et sur les articles à faible marge il dépassait ce que la vente avait rapporté. Chaque retour traité devenait une perte sèche.
Le déclencheur n'est donc pas venu d'une plainte client, mais d'une ligne de coût. Restait à savoir où elle basculait, et ce qu'on pouvait proposer à la place. Trois lectures ont servi de recherche.
Comparer le coût à l'article
Rapprocher le prix de l'étiquette de retour, et la logistique autour, de la valeur du produit concerné.
Trouver le point de bascule
Repérer à partir de quel montant faire revenir l'article coûte plus cher que ce que la vente avait rapporté.
Regarder les gestes déjà accordés
Le remboursement partiel existait, accordé à la main au cas par cas. Assez de cas réels pour voir à quel pourcentage les clients acceptaient, et à partir duquel ils refusaient.
La troisième lecture est celle qui a le plus compté : elle a montré qu'une réponse existait déjà, mais artisanale, et qu'il fallait la rendre systématique plutôt que l'inventer. Elle a aussi donné les ordres de grandeur des pourcentages à proposer.
Deux variables faisaient bouger la bonne réponse. Le retailer d'abord, qui accepte les retours ou non, avec ses propres règles. Le prix de l'article ensuite, qui décide à partir de quand un renvoi vaut encore le coup. Une règle unique appliquée à tout le monde ne pouvait pas tenir.
Contraintes de départ
- Des règles différentes d'un retailer à l'autre, sur un seul et même portail
- Une décision par article, pas par commande : deux articles d'un même colis n'ouvrent pas les mêmes droits
- Moins d'un mois entre le cadrage et la mise en ligne
J'ai mené le design seul, avec une équipe resserrée : chef de projet, développeur front et développeur back. Ce n'est pas un parcours à part, c'est une surcouche du retour qui existait déjà sur Manage my order.
02 · Construire
Proposer une alternative, au bon moment
Deux leviers faisaient disparaître le coût. Offrir l'article quand le renvoi coûte plus cher que ce qu'il rapporte. Ou rembourser une partie du prix, tout de suite, contre le fait de garder l'article. Dans les deux cas, plus de colis, donc plus de frais de transport.
L'ordre de présentation n'est pas neutre : les options les plus favorables à l'entreprise passent en premier. Le cas à éviter était le client qui renvoie par défaut alors qu'un remboursement partiel l'aurait satisfait.
Un parcours qui oriente a besoin de garde-fous, sinon on ne conçoit plus une alternative mais un obstacle. Trois règles n'ont pas bougé du projet.
Les garde-fous
- Le coût du retour est annoncé avant que le client confirme sa demande, pas au moment où on lui fait une offre
- Le bouton d'acceptation est mis en avant, mais refuser tient en un clic au même endroit, sans écran ni justification en plus
- Le retour classique reste accessible jusqu'à la dernière étape, y compris après avoir refusé l'offre
Le moment compte plus que le message
L'offre n'apparaît pas au clic sur « Retourner ma commande ». Elle arrive plus tard, juste après la marche à suivre du retour, quand le client vient de lire ce qu'un renvoi lui demande vraiment : emballer, imprimer, coller l'étiquette, déposer le colis en point relais. À cet instant, garder l'article et être remboursé tout de suite se compare à quelque chose de concret.
1 / 8 · Commande
La commande est livrée, le retour reste ouvert 14 jours. Tout part de cette page.
Une offre calculée article par article
La contrainte technique est devenue la règle d'interface. Chaque article porte sa propre éligibilité, son taux et son montant ; la fenêtre les additionne et laisse décocher ceux que le client préfère renvoyer malgré tout. C'est aussi pour ça que le parcours se déroule étape par étape, plutôt que d'exposer tous les cas d'un coup.
Un article éligible : un taux, un montant, et le choix de renvoyer quand même.
03 · Tenir
Déployer petit, mesurer, puis étendre
La mise en ligne s'est faite progressivement, avec GA4 et Contentsquare branchés dès le premier lot. Il ne s'agissait pas seulement de compter les acceptations : il fallait vérifier que l'offre ne se lisait pas comme un parcours dégradé avant de l'étendre.
Le signal le plus utile est resté le message. Un client qui écrit aux ops à cet endroit du parcours n'a pas compris ce qu'on lui proposait. C'est ce qu'on surveillait, autant que les taux.
508 personnes ont vu la fenêtre « Alternative au retour »
- 75ont gardé l'article
- 433ont poursuivi le retour, ou quitté
Renvoyer reste un choix légitime : ce graphique mesure l'adhésion à l'alternative, pas une réussite ou un échec.
Baisser le taux a coûté plus qu'il n'a rapporté
L'offre valait 33 % du prix pour tout le monde. Elle est passée à des paliers : 70 % sous 40 €, 30 % entre 40 et 150 €, 25 % au-delà. L'intention était de dépenser moins là où le remboursement partiel pèse le plus, c'est-à-dire sur les articles chers.
Moins de 40 €, offre restée à 70 % du prix
- 50 %acceptent, sur 20 décisions
40 à 150 €, offre ramenée de 33 à 30 %
- 10 %acceptent, sur 50 décisions
Plus de 150 €, offre ramenée de 33 à 25 %
- 0 %acceptent, sur 6 décisions
Parmi les clients qui tranchent, accepter ou renvoyer. Une semaine d'observation et des échantillons courts : de quoi alerter, pas de quoi conclure.
Le résultat s'est vu en une semaine. Entre 40 et 150 €, la part de clients qui acceptent tombe d'environ un tiers à un sur dix. Au-dessus de 150 €, personne n'accepte sur les six décisions observées. La recommandation a été de remettre 33 % sur le haut de gamme sans attendre, et de laisser vivre les 30 % plus longtemps avant de trancher.
Une réserve, et elle compte : la fenêtre avait été réécrite dans le même déploiement que les paliers. Impossible de séparer l'effet du taux de l'effet des mots. Deux changements livrés ensemble ne se mesurent pas, et c'est une erreur de méthode dont je me souviendrai.
Un message envoyé depuis ce parcours n'est pas une question, c'est un défaut de conception.
04 · Impact
Le coût disparaît, le choix reste
Sur ses trois premiers mois, l'alternative au retour a conservé près de 5 000 € de valeur marchande sur 102 acceptations, soit environ 1 700 € par mois. L'effet est direct, puisque le colis ne part pas. Mais toutes les acceptations ne se valent pas.
Articles autour de 140 €, offre à un tiers du prix
- 3 802 €conservés sur 40 acceptations
Articles autour de 35 €, offre à 70 % du prix
- 662 €conservés sur 56 acceptations
Plus d'acceptations sur les articles bon marché, et six fois moins de valeur conservée. Le nombre d'acceptations ne dit rien de ce que le levier rapporte, et c'est exactement ce que la baisse des taux a fait oublier.
Ces montants restent modestes, et la raison n'est pas le taux d'acceptation. C'est la diffusion : l'offre ne s'affiche que chez les partenaires où elle a été activée, et l'activation a pris du retard sur la conception.
Au lancement, en mai
- ~3 %des partenaires éligibles
Après l'ouverture de juin
- ~10 %des partenaires éligibles
Après celle d'août
- ~20 %des partenaires éligibles
Le levier n'est pas bridé par ce qu'il propose, mais par le nombre de gens à qui il est proposé. C'est là que se trouve la marge de progression, pas dans le taux.
Les autres effets
- Moins de temps de traitement des retours côté opérations
- Aucune remontée négative notable côté consommateur
- Le retour classique toujours disponible, jamais retiré du parcours
Ce que je referais autrement tient au cadrage. Il avait sous-estimé le nombre de parcours : parti d'une solution simple, il a fallu tout reprendre une fois le développement lancé, en découvrant les conditions qui n'avaient pas été anticipées.
Les interfaces ont été dessinées en une semaine. C'est l'identification des cas et de leurs conditions qui aurait mérité ce temps-là, en amont.
En résumé
Je pars d'un problème d'argent, je cherche le moment du parcours où il se joue, et j'y place une réponse qui reste un choix pour la personne en face.

