Projet · B2C self-service
Manage my order
Un portail self-service pour suivre sa commande, l'annuler ou signaler un problème. Son vrai sujet : alléger la charge d'une trentaine d'agents SAV, débordés par un volume de messages qui explosait.
- des annulations encore traitées à la main par les ops
- 30 → 5 %
- sessions par jour sur le portail
- ~2 000
- des utilisateurs sur mobile
- 90 %
- Rôle
- Product Designer
- Année
- 2025
- Équipe
- 1 CdP · 2 à 3 Dev back · 1 Dev front
- Plateforme
- Web · Mobile-first
En 30 secondes
- Situation
- Une trentaine d'agents SAV, 100 à 200 messages par jour chacun, et un volume qui explose avec la croissance.
- Mission
- Rendre le consommateur autonome sur les demandes les plus fréquentes, pour que les ops se concentrent sur ce qui demande vraiment un humain.
- Action
- Analyser les messages entrants, prioriser par volume et faisabilité, livrer par itérations, puis mesurer et corriger avec GA4 et Contentsquare.
- Résultat
- La croissance est absorbée sans recrutement supplémentaire, et les ops montent en compétence sur les cas complexes.
01 · Comprendre
Une équipe SAV qui répondait toute la journée aux mêmes questions
Avant le portail, le consommateur n'avait aucune autonomie : il écrivait sur la plateforme du retailer, et une trentaine d'agents, freelances et salariés, traitaient tout le SAV à la main. Chacun gérait de l'ordre de 100 à 200 messages par jour. Ils avaient d'autres tâches, mais répondre aux messages était le plus gros de la charge.
Suivi
→ Action directe
- « Où est mon colis ? »
- Certains retailers n'ont aucune page de suivi
Annulation
→ Action directe
- « Puis-je annuler ma commande ? »
- Deux étapes : un message, puis un agent qui annule à la main
Livraison
→ Process guidé
- « Marquée livrée, mais je ne l'ai pas reçue »
- Il faut des documents du client pour trancher
Article
→ Process guidé
- « J'ai reçu le mauvais article »
- « J'ai un problème avec mon article »
- Sans photo, impossible de décider
Constats
- Beaucoup de demandes redondantes, donc automatisables
- Du texte libre : long à lire, long à comprendre
- 100 à 200 messages par jour et par agent
- Vécu de l'intérieur : support client chaque vendredi
Classement des demandes
- 1Où est mon colis ?
- 2Annuler ma commande
- 3Livrée, mais pas reçue
- 4Mauvais article
- 5Problème avec l'article
Du plus fréquent au moins fréquent. Les barres marquent un rang, pas une mesure.
Deux choses ont déclenché le projet : le volume, qui explosait avec la croissance, et des retailers partenaires qui demandaient plus de visibilité sur les commandes. La direction a alors décidé d'investir dans un portail consommateur. J'ai mené le design seul, de la recherche à la livraison, avec une cheffe de projet, 2 à 3 développeurs back et 1 développeur front.
Contraintes de départ
- Plusieurs pays et plusieurs langues, un portail adaptable à chaque retailer
- Un public très large, de 18 à plus de 80 ans, à 90 % sur mobile
- Une commande peut venir de plusieurs expéditeurs, donc arriver en plusieurs colis
02 · Construire
Décider quoi rendre self-service, et dans quel ordre
Le point de départ n'a pas été une maquette, mais la boîte de réception des ops. Chaque type de message a été passé au même crible.
- 01
Mesurer le volume
Repérer les demandes qui pèsent le plus dans les messages entrants.
- 02
Chercher la réponse par l'interface
Pour chaque demande, se demander comment un écran peut la résoudre à la place d'un échange humain.
- 03
Prioriser par faisabilité
Ce qui est simple à afficher, à concevoir et à développer part en premier.
- 04
Garder le reste en feuille de route
Ce qui n'est pas encore automatisable reste manuel, puis entre dans le portail brique après brique.
Cette grille a donné l'ordre de livraison. D'abord les actions directes, celles où un clic suffit : voir où en est sa commande, l'annuler. Ensuite les actions qui ouvrent un process, comme une réclamation, avec des pièces à fournir et un suivi étape par étape.
La première version affichait un simple tag de statut. La timeline l'a remplacé : elle reprend des codes que tout le monde connaît, annonce une étape de plus quand un prestataire intermédiaire intervient, et donne une date estimée à chaque étape. Moins de doute, donc moins de « où est mon colis ? ».
Encore fallait-il que le client retrouve sa commande, alors que les identifiants changent d'un système à l'autre. La recherche se fait donc avec ce qu'il a sous la main, le code postal de livraison et la date de commande. Une vérification légère, les 3 premières lettres de son nom, évite de lui faire créer un compte.
1 / 6 · Recherche
Pas de compte à créer : le client retrouve sa commande avec son code postal et la date d'achat.
Un exemple : la contestation de livraison
Un colis marqué livré mais jamais reçu : ce parcours demande des documents au client. L'intégrer au portail supposait un envoi de fichiers côté consommateur, une vérification des documents dans le back-office et de nouveaux process pour les ops. Trop lourd pour une première version.
Il est donc resté manuel au début, mais cadré : le portail envoyait un message pré-rempli, toujours au même format. Les ops recevaient une demande lisible au premier coup d'œil, et le développement ne coûtait presque rien puisque l'envoi de message existait déjà. Le parcours complet est arrivé ensuite, une fois les premières briques en place.
Avant le portail
Tout arrive par message, en texte libre. Chaque demande est lue, comprise puis traitée par un agent.
5 demandes sur 5 encore traitées en texte libre par les ops
- Où est mon colis ?Traité à la main
- Puis-je annuler ma commande ?Traité à la main
- Marquée livrée, mais pas reçue.Traité à la main
- J'ai reçu le mauvais article.Traité à la main
- J'ai un problème avec mon article.Traité à la main
03 · Tenir
Mesurer ce qui est livré, corriger vite
C'est après la mise en ligne de la première version que j'ai le plus appris. Aucune donnée n'existait avant le portail. J'ai donc mappé tous les parcours dans Contentsquare, avec un événement GA4 à chaque étape. On a enfin vu comment les gens se comportaient, et surtout comment ils comprenaient nos mots.
Un bouton, deux lectures
Sur la réclamation « Article différent de celui acheté », les données montraient un décrochage : des utilisateurs arrivaient au formulaire, revenaient en arrière, recommençaient. Certains finissaient par écrire aux ops. Les sessions enregistrées ont donné la cause. Le bouton principal s'appelait « Annuler », en rouge. Pour nous, il annulait la commande. Pour eux, dans une fenêtre, il voulait dire « sortir ».
Lu par les clients comme « sortir de la fenêtre ». Ils reviennent en arrière, ou écrivent aux ops.
J'ai corrigé le libellé et la couleur moi-même, avec Cursor, en suivant le circuit des développeurs : une pull request, l'intégration continue, puis la production. C'était réglé dans la matinée. Deux à trois jours plus tard, le décrochage avait disparu, le parcours était redevenu linéaire et les messages sur ce sujet avaient baissé. Vers la fin du projet, livrer ainsi de petites corrections et de petites fonctionnalités était devenu une habitude.
- Avant la correction
- Après la correction
- Étape 1Réclamation ouverte200200
- Avant la correction
- 6 % d'abandon
- Après la correction
- 4 % d'abandon
- Étape 2Formulaire affiché188192
- Avant la correction
- 35,6 % d'abandon
- Après la correction
- 7,3 % d'abandon
- Étape 3Demande envoyée121178
- Avant la correction
- 64,4 % arrivent au bout
- Après la correction
- 92,7 % arrivent au bout
Voir le tableau des données
| Étape | Segment | Utilisateurs | Part de l'étape 1 | Abandon |
|---|---|---|---|---|
| 1. Réclamation ouverte | Avant la correction | 200 | 100 % | 6 % |
| Après la correction | 200 | 100 % | 4 % | |
| 2. Formulaire affiché | Avant la correction | 188 | 94 % | 35,6 % |
| Après la correction | 192 | 96 % | 7,3 % | |
| 3. Demande envoyée | Avant la correction | 121 | 60,5 % | · |
| Après la correction | 178 | 89 % | · |
Même parcours, deux périodes. Le décrochage se lit à la dernière étape : c'est là que se trouvait le bouton « Annuler ».
Le widget « Messages » reste une porte de sortie. Mais chaque message envoyé depuis le portail est lu comme le signal d'un parcours self-service à améliorer.
04 · Impact
Moins de tâches répétitives, des ops qui montent en compétence
L'annulation est l'exemple le plus net. Avant le portail, environ 30 % des annulations passaient par un agent, le reste étant automatisé par les connecteurs des retailers. Un an après, le portail en traite 20 à 25 %, et il n'en reste qu'environ 5 % pour les ops.
Avant le portail
- ~70 %Automatique (connecteurs des retailers)
- ~30 %À la main, par les ops
Un an après
- ~70 %Automatique (connecteurs des retailers)
- 20 à 25 %En self-service, sur le portail
- ~5 %À la main, par les ops
Ordres de grandeur. La part automatisée par les connecteurs ne change pas : c'est le travail manuel des ops qui bascule vers le portail.
Les autres effets
- Les « où est mon colis ? » ont presque disparu des messages
- Des réclamations mieux cadrées, ce qui a ensuite permis d'en automatiser le traitement
- Un consommateur qui sait où en est sa démarche, et quels documents on va lui demander
Pour l'entreprise, la croissance du volume a été absorbée sans recrutement supplémentaire. Pour les équipes, le travail a changé de nature : les tâches simples sont devenues marginales, et les agents sont montés en compétence sur des réclamations et des dossiers plus complexes. Ils en parlaient comme d'un travail plus intéressant.
Si c'était à refaire : poser le plan de tracking dès le premier jour. C'est lui qui a rendu les itérations rapides, et il est arrivé trop tard.
En résumé
Je pars d'un problème business, je le résous avec le produit, et je reste dessus : je mesure ce que je livre et je corrige vite.

